août 18, 2017La nomade sédentaire - Et si on partageait?

Co-oking, l’espace de coworking pour les cuisiniers

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Aujourd’hui, pleins feux sur un projet innovant, qui vient de voir aboutir sa campagne de crowdfunding, ce qui va lui permettre de voir le jour d’ici peu à Bruxelles: Co-oking – le premier espace de coworking culinaire à Bruxelles!
Co-oking

Une suite de rencontres

En tant qu’adepte du coworking,  j’ai été séduite par ce projet dès que j’en ai entendu parler pour la première fois, il y a de cela quelques mois. Ensuite, lorsque j’ai appris, le 31 décembre dernier, que ses auteurs venaient de réussir leur campagne de crowdfunding et que le projet allait bel et bien voir le jour, je me suis précipitée pour leur proposer un rendez-vous afin d’en savoir un peu plus. C’est ainsi que j’ai rencontré Elodie, l’un des quatre instigateurs de ce projet novateur, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Co-oking, c’est le fruit d’un an de travail et de la rencontre entre quatre jeunes passionnés par la cuisine, l’entreprenariat et l’innovation: Véronique Flammang, conseillère au 1819, le service d’information pour les entrepreneurs à Bruxelles, Cédric Le Goupil, chef cuisinier depuis plus de vingt ans, son frère, Fabrice, directeur financier d’une PME, et Elodie Bouscarat, donc, amie d’une des Camionneuses, la première cuisine partagée en France.

Le projet est né début 2014 à la suite de rencontres plus ou moins fortuites entre nos quatre entrepreneurs. Véronique s’occupe de la partie administrative, Cédric, de toute la partie technique et opérationnelle liée à la cuisine (normes sanitaires, traçabilité des produits, marche en avant, etc.), Fabrice, de la partie financière et Elodie, de la communication.

Un espace de coworking culinaire

Imaginez un peu: 275 m2 d’ateliers professionnels, quatre postes de cuisson, des planchas, des fours à plusieurs niveaux, une salle de dégustation et des bureaux connectés. Mais surtout des « cocookers » de tous âges, de tous milieux, partageant l’espace et leur passion pour la cuisine, avec la fameuse sérendipité inhérente à ce type de lieux.

C’est avec fierté qu’Elodie me parle des futures installations. La cuisine sera bien sûr entièrement équipée, avec du matériel pro industriel, permettant de cuisiner de grandes quantités. Certaines marques se sont par ailleurs déjà associées au projet et ont décidé de le soutenir en offrant du matériel professionnel.

Le concept du coworking culinaire a déjà fait ses preuves aux Etats-Unis, où de nombreuses cuisines partagées ont vu le jour ces dernières années. En Belgique, le concept existe pour l’instant à Namur (Cocooking). Co-oking sera donc le premier espace de cuisine partagée à Bruxelles.

A qui s’adresse le coworking culinaire?

Ce futur espace de cocooking répond tout simplement à une demande de plus en plus grande – comme s’en est rendu compte Véronique dans le cadre de son activité de conseillère au 1819, où elle recevait énormément de demandes dans ce sens.

Qui sont les futurs membres de Co-oking? Elodie m’explique avoir déjà reçu des demandes de toutes sortes: des passionnés qui souhaitent lancer un foodtruck, de jeunes pâtissiers désireux de lancer leur activité, des personnes en reconversion professionnelle (nombreux sont ceux qui décident un jour d’arrêter leur travail pour se lancer dans la cuisine, les cupcakes, etc.), des créateurs de différents produits de niche, mais qui sont appelés à devenir des marchés qui vont grandir (produits sans gluten, sans allergènes, sans lactose, et même des insectes – deux futurs membres comptent ainsi se lancer sur ce… drôle de marché), mais aussi des traiteurs désireux de faire des extras et dont les ateliers sont trop petits pour répondre aux demandes plus importantes, des chefs à domicile, qui utiliseraient la cuisine partagée pour préparer leurs repas avant d’arriver chez leurs clients (dont la cuisine n’est pas forcément adaptée aux mises en place, dressages, etc.), ou encore des personnes souhaitant louer l’espace tout entier pour y donner des cours de cuisine, sans parler des blogueurs culinaires désireux d’organiser des événements.

Comment ça marche?

Je vous vois venir: comment organiser l’accueil de tous ces cocookers? Comment être certain qu’il y aura de la place pour tous? Elodie m’explique: l’espace sera réparti en quatre postes de cuisson/plans de travail (des plans de travail amovibles, en inox, qui peuvent aussi servir de tables pour les dégustations). Chaque poste de cuisson pourra accueillir jusqu’à deux cocookers. Le calcul est simple: l’espace pourra donc accueillir simultanément jusqu’à 8 cuisiniers.

Les concepteurs du projet ont bien entendu veillé, dans la configuration de l’espace, à respecter le schéma imposé aux cuisines professionnelles par l’AFSCA (avec notamment la marche en avant, qui vise à éviter les contaminations et à assurer la traçabilité sur le processus de production, qui commence par le nettoyage des matières premières, qui rentrent d’un côté, et se termine par le produit fini, qui sort de l’autre côté).

Quatre places de parking seront par ailleurs prévues pour les cocookers, qui pourront arriver directement avec leur matière première, ou venir la veille pour la stocker dans les chambres froides s’ils le souhaitent. Les cocookers qui auront opté pour le package de 60 heures auront quant à eux la possibilité de stocker leurs produits sur place pendant tout le mois. Chaque cocooker aura son étagère dans les chambres froides (une pour les matières premières, une pour les produits finis et un espace de stockage pour les produits secs à température ambiante).

Une personne sera en permanence sur place pour assurer le nettoyage professionnel de la cuisine, répondre aux questions des membres, réceptionner les livraisons et accueillir les visiteurs et autres futurs cocookers.

Combien ça coûte?

Les cocookers, qui auront le choix entre différentes formules – des « packages d’heures », allant de 5 heures par mois (99,00 euros) à 40 heures par mois (environ 599,00 euros) -, devront réserver leur plage horaire en ligne. Les prix s’entendent par poste de travail – autrement dit, ils restent inchangés, que le cuisinier travaille seul ou en équipe (maximum deux personnes par poste de travail).

L’organisation des postes de travail fonctionne par demi-journées (5 heures) – le cocooker devra donc « louer » son espace de travail pour 5 heures minimum à chaque visite.

Mais comme tout espace de coworking qui se respecte, le concept ne se limite pas à offrir un espace de travail: le lieu pourra aussi être utilisé pour des cours de cuisine, des formations, des dégustations, etc.

Des partenariats et des idées plein la tête

Elodie et ses partenaires sont en train d’étudier des possibilités de partenariat avec différents fournisseurs de matières premières (notamment pour des produits bio), ce qui permettra aux cocookers qui le désirent de bénéficier, à terme, de prix de gros très intéressants. Même chose pour les livraisons groupées pour les cocookers qui souhaitent faire livrer directement leurs clients – là aussi, des partenariats sont à l’étude.

Autre objectif: développer une plateforme de vente en ligne, sur laquelle les cocookers pourront mettre gratuitement leurs produits en vente et ainsi se faire connaître plus facilement.

Tous ces avantages seraient compris dans la cotisation de base. S’agissant d’une forme de coworking, l’idée est vraiment d’offrir un service total, et pas un simple espace. Comme l’explique Elodie avec enthousiasme: « si ça marche pour eux, ça va marcher pour nous ». Voilà pourquoi Co-oking a tout intérêt à aider ses membres à développer leur business.

Alors, intéressé(e)? Sachez que le projet sera lancé au printemps 2015. N’hésitez pas à en parler autour de vous si vous connaissez des gens qui rêvent de lancer leur foodtruck, mais que la simple idée de devoir se conformer aux normes de l’AFSCA suffit à décourager.

Par ailleurs, si vous souhaitez proposer un partenariat à cette petite équipe (matériel professionnel, fournisseur de matières premières, service de livraison, etc.), contactez Elodie ou ses compères!

Le site Web devrait voir le jour dans le courant du mois de février. En attendant, pour toutes vos questions, vous pouvez contacter l’équipe de Co-oking via sa page Facebook, son compte Twitter ou par mail (info@co-oking.be).

Ah, et si vous souhaitez faire goûter vos produits, en particulier ceux au chocolat (fondant de préférence, merci), contactez-moi!

Bon appétit et bonne route à Co-oking!

La nomade (gourmande)

Katia
Katia
Ancienne nomade devenue sédentaire. Traductrice. Blogueuse. Community manager. Echangeuse (de maison). Coworkeuse. Il m’arrive d’écrire pour les autres (si on me le demande gentiment). Twitter. Facebook
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